Regards sur
Portraits de femmes en poissonnerie
Un métier de proximité et de passion
Derrière les étals de poissonnerie, un univers exigeant et passionnant s’anime chaque jour. De la préparation des produits de la mer à la relation client, ce métier demande précision, réactivité et sens du contact. Contrairement aux idées reçues, la poissonnerie a toujours été un secteur ouvert aux femmes, qui y développent leurs compétences et s’y épanouissent pleinement.
À travers les témoignages de Flora et Manon, deux vendeuses en poissonnerie de la région Pays de la Loire, découvrez un métier concret, dynamique… et profondément humain.
Leur journée commence tôt, souvent bien avant l’ouverture de la boutique ou de leur banc. Flora, par exemple, se lève dès 5h pour aller récupérer les produits vivants (coquillages et crustacés) au port du Bec avant de rejoindre les halles de la Roche-sur-Yon qu’elle quittera après la vente qui se termine à 13h. Dès 6h, elle installe son étal avec méthode : la glace, puis les poissons, les crustacés et enfin les coquillages. Tout doit être prêt pour l’ouverture.
Manon, elle, débute entre 6h15 et 6h30. La poissonnerie qui l’emploie a le privilège d’être située juste en face de la criée des Sables d’Olonne. Elle prépare le banc, organise les produits de la mer selon les stocks et les achats effectués le matin puis elle va chercher « le cuit » (crustacés et coquillages) à la criée si nécessaire. La vente peut ensuite commencer, avec un objectif commun : proposer des produits frais et de qualité.
Ici, pas de routine figée : les journées dépendent des arrivages, de l’activité et des clients. La poissonnerie est un métier vivant, rythmée aussi par les arrivages locaux.
Des parcours différents, une même motivation
Les chemins qui mènent à la poissonnerie sont variés.
Pour Flora, ce métier n’était pas une vocation au départ. Issue de la restauration, elle s’est tournée vers la poissonnerie pendant la période du COVID. En aidant ponctuellement le week-end, elle découvre un univers qui lui plaît immédiatement. Elle apprend sur le terrain, au contact des collègues, et finit par s’y installer durablement.
Manon, à l’inverse, a grandi dans cet environnement. Fille de poissonniers, elle baigne depuis toujours dans ce métier. Une opportunité se présente dans une poissonnerie, elle postule… et est embauchée immédiatement.
Deux parcours très différents, mais un point commun : l’envie de s’investir dans un métier concret et utile.
Toutes deux le confirment : il n’existe pas de profil type. Les compétences techniques s’apprennent, que ce soit sur le tas ou en formation. Ce qui compte avant tout, c’est la motivation et la curiosité.
Un esprit d’équipe bien ancré
En poissonnerie, le collectif joue un rôle essentiel.
Flora décrit une ambiance « très bonne et familiale », où les collègues n’ont même pas besoin de se parler pour travailler efficacement. Les gestes sont coordonnés, les habitudes partagées.
Manon évoque également une équipe « très bon enfant », où l’on travaille sérieusement sans oublier de rire ensemble.
Dans un métier exigeant, où les horaires sont matinaux et le rythme soutenu, cette cohésion est indispensable. Elle permet de travailler avec fluidité et de faire face aux périodes d’affluence.
Un métier de contact et de transmission
Au-delà de la technique, la relation client est au cœur du métier.
Accueillir, conseiller, expliquer les produits, proposer des idées de préparation… autant d’échanges qui donnent du sens au quotidien.
Flora insiste aussi sur l’importance de la transmission. En étant curieuse et en posant des questions, elle a elle-même appris le métier, et a ensuite pu former une étudiante qui travaille aujourd’hui en poissonnerie.
Manon souligne quant à elle l’importance d’être souriante et à l’écoute : des qualités essentielles pour créer une relation de confiance avec les clients.
Quelle place pour les femmes ?
Sur le terrain, la place des femmes évolue.
Flora constate qu’elles sont aujourd’hui nombreuses à occuper des postes de vente, notamment sous les halles où elle exerce.
Manon, de son côté, ne perçoit aucune différence entre les hommes et les femmes dans son métier : pour elle, seules les compétences comptent.
Même si certains clichés persistent, la réalité du terrain montre que les femmes ont toute leur place en poissonnerie, y compris dans les métiers techniques.
Un métier exigeant… mais accessible
Travailler en poissonnerie demande de l’engagement : horaires matinaux, travail au froid, rigueur dans la manipulation des produits.
Mais c’est aussi un métier accessible, où l’on peut apprendre progressivement.
Le conseil de Flora est clair : « Être curieuse et ne pas hésiter à poser des questions sur le métier à son poissonnier si on s’y intéresse»
Oser se lancer
Pour celles qui aiment les métiers concrets, le contact humain et le travail de terrain, la poissonnerie offre de réelles opportunités.
À travers leurs parcours, Flora et Manon montrent qu’il est possible d’y trouver sa place, que l’on vienne d’un autre secteur ou que l’on ait grandi dans cet univers.